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  • 2017

    juin

    Comités belges Scam et SACD : vous les avez élu(e)s en 2017
    Le 13 juin 2017
    En 2017, les Comités belges de la SACD et de la Scam ont réélu à leur tête deux présidentes, respectivement Inès Rabadàn et Paola Stévenne. Ces Comités, vous les aviez renouvelés à l’occasion des (...)

    Élections SACD

    L’Assemblée générale de la SACD voyait le renouvellement de six représentants des auteurs. Ont été élus pour un mandat de quatre ans :
    . 2 auteurs d’œuvres audiovisuelles : Frédéric Castadot et Jean-Benoît Ugeux,
    . 3 autrices d’œuvres dramatiques/lyriques : Geneviève Damas, Yasmina Douieb et Virginie Strub,
    . 1 autrice d’œuvres sonores : Layla Nabulsi

    Inès Rabadàn a été réélue à la Présidence de la SACD pour un mandat d’un an.

    Les autres membres, qui poursuivent leur mandat, sont : Isabelle Bats, Ariane Buhbinder, Émilie Maquest, Barbara Sylvain (dramatique et lyrique), Gabriella Koutchoumova (chorégraphie), Jean-Luc Goossens, Véronique Jadin, delphine Noels, Inès Rabadàn (télévision, cinéma) et Valérie Lemaître (multimédia). Retrouvez leur biographies sur Bela.

    Les rapports de gestion et d’action culturelle ont été approuvés à l’unanimité des membres présents. Vous pouvez les découvrir en lecture sur le site www.auteuronline.be.

    Élections Scam

    Au cours de l’Assemblée générale de la Scam, huit représentants du Comité belge ont été élu pour un mandat de quatre ans :
    . 3 auteurs d’œuvres de cinéma et/ou télévision : Sanaz Azari, Jérôme Le Maire, Isabelle Rey et Nina Toussaint,
    . 2 auteurs d’œuvres littéraires : Renaud Maes, Nathalie Skowronek et Isabelle Wéry,
    . 1 autrice radio : Paola Stévenne.

    Paola Stévenne a d’ailleurs été réélue à la Présidence de la Scam pour deux ans.

    Les autres membres, qui poursuivent leur mandat, sont Luc Dellisse et Françoise Wuilmart (écrit), Jérôme Laffont (audiovisuel) et Björn-Olav Dozo (multimédia). Une fois encore,les auteurs sont sur Bela !

    Par ailleurs, les rapports de gestion, d’action culturelle et les barèmes (incluant le nouveau barème de reprographie) ont été approuvés à l’unanimité des membres présents. Ils sont disponibles en lecture sur le site www.auteuronline.be.

    Liens utiles

  • Rencontre avec les scénaristes d’Ennemi public - épisode 4
    Le 7 juin 2017
    L’ennemi public est dans les murs ! À la Maison des Auteurs, nous le côtoyons depuis plusieurs semaines, ou plus exactement l’équipe des scénaristes de la série à succès Ennemi public travaille dans nos (...)

    Les horaires, ça fait un bien fou !

    Ce qu’on fait en arrivant le matin ? du café ! On n’a pas encore beaucoup aménagé l’espace mais on a amené une machine à café. À part ça, strictement parlant on n’a pas vraiment de routine, on est plutôt dans la résolution de problèmes qui surgissent jour après jour.

    On est arrivés il y a deux mois mais on a commencé à travailler en juillet, là on arrive à la fin du processus : la phase de travail où on rentre chacun chez soi écrire, où on est quasiment une semaine ici une semaine à la maison pour écrire nos épisodes.

    Pour écrire la saison 1 on était principalement chez Mathieu, sa pauvre compagne a dû subir notre présence et nos pizzas le soir, nos bières aussi. À un moment donné quand 18h passaient, on allait chercher des chips, des bières, et on restait jusqu’au 21h, parfois minuit en se disant toujours qu’on allait reprendre le travail… et deux fois sur trois on ne passait la soirée à discuter.

    Quand on est ici à la Maison des Auteurs, on fait des horaires de bureau, de 9h à 18h. On a mis en place ces horaires parce qu’on ne les avait pas. Ça nous fait un bien fou, ça nous aide d’avoir un cadre.

    Le lieu de travail comme sanctuaire

    On s’est aussi dit que c’était bien ne pas travailler chez soi, que notre atelier s’incarne dans un lieu. Il y a plusieurs possibilités, on n’est d’ailleurs pas convaincus qu’un bureau soit ce qu’il y a de mieux pour un atelier. Dans un café on ne voit même pas comment on pourrait arriver à écrire, on a vraiment besoin de se concentrer.

    On a testé pas mal de lieux. On a d’abord essayé dans un appart mais en tombant dans tous les pièges de l’appartement, c’est-à-dire un canapé dans lequel on a envie de faire une sieste, une cuisine – et comme on aime tous cuisiner on cuisine pendant des heures des plats pas possibles et on perd du temps…

    Sinon on pense toujours à ces auteurs des studios Warner à qui on donne une maison entière au sein du studio, souvent c’est une maison de décors en fait, c’est super ! Les scénaristes ont leur petite maison, leur petit jardin, ils sont chez eux. Malgré tout ils n’y vivent pas : ils ont des horaires de bureau et rentrent chez eux le soir, mais ils travaillent dans une ambiance cosy, comme à la maison.

    Ce qui est vraiment bien ici c’est qu’on est vraiment tranquilles. Ce côté « sanctuaire » de l’atelier c’est vraiment important. On croise toujours deux, trois personnes en arrivant mais une fois dans notre bureau on est très tranquille. Ici c’est monacal et en même temps on a la vue sur la rue où il se passe beaucoup de chose, c’est Chicago !

    En attendant la fin

    Relisez le premier épisode, sur la genèse du projet, le deuxième sur l’écriture et le travail en collectif, et le troisième sur le rapport au public, ou découvrez ce quelles sont les influences de ces auteurs, en vidéo sur Bela ! À suivre : les besoins d’un scénariste de série…

  • mai

    La Maison des Auteurs en 2016
    Le 31 mai 2017
    Déconstruction, construction, reconstruction : tels sont les trois maîtres-mots de l’année 2016 à la Maison des Auteurs ! Nous publions la synthèse des bilans d’activité de ces 12 derniers mois dans un (...)

    Nous vous invitons à découvrir les activités et les résultats obtenus par la Maison des Auteurs durant l’année 2015, et plus particulièrement ceux de la SACD, de la Scam, du service de l’Action culturelle et de la Bibliothèque en ligne des auteurs (BELA) au travers d’un livret.

    Synthèse des rapports annuels à lire comme un panorama de l’année écoulée, il vous permettra d’avoir une vue d’ensemble des nombreuses actions menées par la Maison.

    Vous y verrez également comment nos valeurs s’incarnent dans notre combat pour les auteurs, et découvrirez ce que nous pensons et mettons en place pour le futur.

    Documents à télécharger

  • Rencontre avec les scénaristes d’Ennemi public - épisode 3
    Le 24 mai 2017
    L’ennemi public est dans les murs ! À la Maison des Auteurs, nous le côtoyons depuis plusieurs semaines, ou plus exactement l’équipe des scénaristes de la série à succès Ennemi public travaille dans nos (...)

    Trois questions cruciales

    Chaque proposition passe d’abord par le filtre de notre collectif, puis par celui de la RTBF.

    La RTBF, ce sont nos premiers lecteurs et ils nous font toujours des retours très intéressants. Ce à quoi ils sont particulièrement attentifs (et qui est d’ailleurs essentiel dans l’écriture), c’est les trois questions :
    - Est-ce qu’on s’ennuie ?
    - Es-ce qu’on comprend ?
    - Est-ce que c’est crédible ?

    C’est leur droit, voire leur devoir de nous signaler toute difficulté sur ces marqueurs, eux qui ont un point de vue extérieur. Ils sont aussi attentifs à la question de la violence et peuvent nous arrêter si on glisse vers quelque chose de trop glauque par exemple.

    Ce sont des discussions qu’on a beaucoup eues lors de l’écriture de la première saison : on s’attaquait à un sujet difficile, ou du moins on abordait de loin une affaire difficile qui avait marqué la Belgique, on devait se poser la question « à quel degré va-t-on envoyer tout ça à la face du spectateur ? ».

    Pas d’autocensure mais une attention au public

    C’est aussi la question de l’audimat : on essaie de faire en sorte que la série fonctionne, or si c’est trop glauque ça devient répulsif, donc les gens ne vont pas regarder, en tout cas pas le public de la RTBF. La chaîne a la responsabilité de réfléchir à son public, et on prend aussi cela en compte : on sait qu’on écrit pour le service public, pour une diffusion en prime time et pas sur une chaîne cryptée, ça joue aussi sur le type de série qu’on écrit.

    Pour autant, à aucun moment on n’a dû se censurer ! Nous avons eu des discussions pour la première saison mais qui touchaient plus à la question du genre, en se demandant comment faire pour mettre en évidence le genre de série qu’on propose. On ne s’est jamais autocensurés dans nos idées en elles-mêmes.

    Et puis tout de même, on veut toucher le public, amener des choses dont on sait que les téléspectateurs les aiment bien mais en essayant d’aller un peu plus loin. Là il faut avoir en tête le fait que les téléspectateurs, après des années à voir d’excellentes séries, sont désormais très exigeants. Il faut prendre cette difficulté en compte dans l’écriture.
    Le polar c’est un genre que les gens aiment regarder à la télévision, et on essaie de faire en sorte que le nôtre soit satisfaisant, agréable à suivre.

    Pour aller plus loin

    Relisez le premier épisode, sur la genèse du projet,, le deuxième sur l’écriture et le travail en collectif, et découvrez ce quelles sont les influences de ces auteurs, en vidéo sur Bela !
    À suivre : leur routine d’écriture…

  • Rencontre avec les scénaristes d’Ennemi public - épisode 2
    Le 17 mai 2017
    L’ennemi public est dans les murs ! À la Maison des Auteurs, nous le côtoyons depuis plusieurs semaines, ou plus exactement l’équipe des scénaristes de la série à succès Ennemi public travaille dans nos (...)

    « Une loi darwinienne des idées »

    Chaque série a sa popote interne. À la base, nous sommes quatre créateurs, et Frédéric Castadot nous a rejoint ensuite. On avait cette idée de faire un projet à quatre, où chacun aurait une place aussi importante dans la hiérarchie, mais on s’est rendu compte à un moment qu’il fallait tout de même que quelqu’un prenne le lead, en tout cas au niveau de la vision de la série.

    Chacun a sa vision de la série, on essaye de se rapprocher le plus de la vision commune et de mettre tout le monde d’accord, mais il fallait parfois que quelqu’un tranche. Le choix de Mathieu (Frances) s’est alors imposé, car il est une vraie locomotive qui semblait tenir le projet. On se met tous au service de cette même vision de la série.

    Lors de l’écriture de la première saison, on était sur un pied de totale égalité en termes de travail. On travaillait dans un appartement où on lançait des idées. Il y a comme une loi darwinienne des idées, c’est-à-dire que c’est celle qui est la plus apte à survivre qui arrive finalement à l’écran.

    À chaque fois qu’une nouvelle idée arrive, elle doit d’abord générer l’enthousiasme de tout le monde et si c’est le cas on la met à l’épreuve du feu, on la teste avec tous les personnages pour voir s’ils sont capables d’être cette idée, de mener à cette idée. On voit si elle n’est pas trop farfelue, si elle peut se déployer, tenir la distance.

    « Une guerre constante entre les personnages et l’intrigue »

    En gros, on se donne 12 mois pour écrire les 10 épisodes de 50 minutes. Il nous faut trouver une méthode de travail pour que ça aille vite et trouver les meilleures idées. Nous, notre méthode c’est de parler pendant 10 mois et d’écrire pendant 2 mois.

    Si tu regardes autour de toi, tu vois qu’il y a sur un mur deux tableaux avec des notes sur les personnages, des fiches cartonnées qui reprennent la structure en 4 actes de la saison disposés sur la table, et des post-it sur le mur d’en face qui détaillent la structure de chaque épisode de la saison.

    Dans un premier temps on parle des personnages, de ce qu’on aimerait bien leur faire faire sur la saison. C’est la période la plus créative : on se laisse aller sans être retenu par le boulet de la narration, on fantasme librement sur ce qu’on voudrait pour les personnages : c’est très libéré, les personnages vont où ils veulent, au gré de nos envies.

    Après cette phase, on recherche la thématique de cette saison, le concept, le problème principal qu’on va traiter. Il faut un déclencheur, c’est-à-dire un élément qui fasse qu’il y aura une histoire principale, un fil tissé sur la saison. À partir de ce moment-là les personnages doivent se plier à cet élément déclencheur. Commence alors le travail de l’arche : on voit comment ces personnages qu’on a fantasmés peuvent faire ce trajet, à partir de ce déclencheur… Et là c’est une guerre constante entre les personnages et l’intrigue.

    Ensuite, on se demande comment distribuer cette matière sur 10 épisodes, jusqu’à déterminer une structure complète de saison, puis enfin on construit la structure de chaque épisode.

    Tant qu’on n’écrit pas, qu’on n’est pas dans l’écriture à proprement parler, on est dans du brainstorming et de la discussion, mais fatalement on arrive au stade où on doit régler les problèmes qui nous restent. Une fois qu’on a réfléchi, on reprend tous les éléments qu’on met dans une structure en 4 actes.

    Là, tout peut encore changer : on sait juste à quoi on va arriver mais on va créer un épisode, une vraie histoire comme un petit film qui a son début, son milieu, sa fin, et ce pour chaque personnage. Avec ces fiches couleur qu’on dispose sur la table, on voit tout de suite s’il y a un équilibre, s’il n’y a pas un peu de trop de Chloé ici, s’il ne faudrait pas un peu plus de Patrick par là, etc.…

    « Ça, on le construit tous ensemble »

    La raison pour laquelle Fred Castadot est arrivé dans la saison1 c’est qu’on avait 10 épisodes à écrire et qu’on a réalisé que si on voulait être rapides, il fallait qu’on se partage le travail. Malgré tout on considère qu’on a écrit la série tous ensemble. Chacun écrit en détails deux épisodes, mais le contenu de ces épisodes est le résultat de nos discussions continuelles. Ça, on le construit tous ensemble.

    Une fois que la structure est déterminée collectivement, chacun prend deux épisodes pour lesquels il écrit un séquencier – pas encore de dialogues mais une description de chaque scène –, et on regarde ensemble si l’épisode est bien structuré, si ça marche.

    Pour aller plus loin

    Relisez le premier épisode, sur la genèse du projet, et découvrez ce quelles sont les influences de ces auteurs, en vidéo sur Bela !
    À suivre : le rapport au public…

  • Assemblées générales 2017 de la SACD et de la Scam
    Le 11 mai 2017
    Avec la fin de la saison, ce sont les Assemblées générales de vos sociétés qui approchent. Ces réunions annuelles sont non seulement l’occasion pour vous d’en savoir plus sur ce qui s’est passé en 2016 (...)
    Dès aujourd’hui, découvrez les candidats, leurs parcours et leurs motivation, et votez sur votre portail auteuronline.

    Les Assemblées générales

    Les AG sont une occasion pour vous d’entendre une synthèse de l’activité de vos sociétés durant l’année écoulée.

    En 2016, de nombreux chantiers ont été menés sur tous les fronts, qu’ils soient politiques, architecturaux ou numériques. La synthèse opérée ce soir-là permet de prendre le pouls des menaces qui pèsent sur le droit d’auteur, des actions menées au nom des membres, et du futur qui se dessine lors de ces débats.

    Les AG, c’est aussi une soirée pour écouter les Comités belges de la SACD et de la Scam, rencontrer leurs membres actuels ou prendre connaissance du rapport d’Action culturelle et y découvrir des opportunités qui s’offrent à vous (de nouveaux partenariats se tissent tous les jours).

    Les élections des membres des Comités belges

    Nous le répétons avec fierté, la SACD et la Scam sont des sociétés démocratiques, gérées par les auteurs eux-mêmes. Ce sont notamment ceux des Comités belges, élu par tous les membres pour les représenter, qui assument cette charge : entre autres, ils pèsent sur la politique de vos société, débattent de leur gestion, décernent prix et bourses….
    Ces élections cruciales auront lieu lors des assemblées générales. Seront élus :
    . 6 nouveaux auteurs (de l’audiovisuel, du spectacle vivant et de la radio de fiction) au Comité belge de la SACD le 29 mai,
    . 8 nouveaux auteurs (de l’audiovisuel, du livre et de la radio documentaire) au Comité belge de la Scam le 1er juin.

    Les élections sont ouvertes dès à présent, et lors de l’AG, les auteurs peuvent encore peser sur l’élection de leurs représentants, après avoir découvert les candidats et leurs motivations.

    Vous ne pouvez vraiment pas être présent ? Vous trouverez sur votre espace membre www.auteuronline.be la liste des candidats ainsi que leurs biographies et lettres de motivations, et vous pourrez voter en ligne.

    En pratique

    Dès aujourd’hui, découvrez les candidats et votez sur votre portail auteuronline.
    L’Assemblée générale de la SACD aura lieu le lundi 29 mai au Théâtre Marni (Rue de Vergnies 25, 1050 Ixelles) – accueil dès 18h.
    L’Assemblée générale de la Scam aura lieu le jeudi 1er juin au Wiels (Avenue Van Volxem 354, 1190 Forest) – accueil dès 18h.
    Dans les deux cas, à 20h30 : cocktail dînatoire, annonce des résultats du vote… et discussions passionnées.

    Envie d’être des nôtres ? Les réservations aux Assemblées générales se font
    . Pour la SACD à l’adresse ag-sacd sacd.be
    . Pour la Scam à l’adresse ag-scam scam.be

    Venez nombreux, ces temps de rassemblement et de concertation sont précieux !

    Liens utiles

    Documents à télécharger

  • Rencontre avec les scénaristes d’Ennemi public - épisode 1
    Le 11 mai 2017
    L’ennemi public est dans les murs ! À la Maison des Auteurs, nous le côtoyons depuis plusieurs semaines, ou plus exactement l’équipe des scénaristes de la série à succès Ennemi public travaille dans nos (...)

    « Et si on essayait d’écrire une série ? »

    Tout a commencé quand on (Matthieu Frances, Christopher Yates et Antoine Bours) a voulu écrire des séries. Avant que ça ne devienne vraiment une possibilité en Belgique, on s’est tout simplement dit « tiens les séries ça commence à devenir intéressant : et si on essayait d’en écrire une ? »

    On a d’abord écrit une série fantastique, une histoire de vampire. Et de façon naturelle, on s’est mis à travailler ensemble, on a fonctionné comme une espèce d’atelier, sans réfléchir à la façon dont on écrit une série, ou dont d’autres le font. D’ailleurs, on faisait ça sur notre temps libre, entre deux projets.

    Ensuite on a eu un second projet de série, pour lequel on a voulu aller plus loin, travailler de façon plus sérieuse. Il y avait ce moment-là une sorte d’appel à projet, ou du moins une Commission (sorte de prémices au Fonds des séries de la RTBF et de la FWB) qui allait sélectionner des séries dont les porteurs de projets pourraient bénéficier d’un atelier avec Frédéric Krivine.

    Notre série n’a pas été retenue, mais on a tout de même pu participer à l’atelier de Krivine. Là, on a vu comment écrire une série : par quels points passer, comment organiser l’écriture d’une série en termes structurels (pas encore au niveau du fonctionnement entre nous).

    Des outils indispensables

    À partir de là, Matthieu s’est renseigné pour voir comment, plus concrètement, on écrivait une série en atelier. On s’est inspirés des méthodes américaines de writing room, et on est partis de ce modèle pour plancher sur notre projet suivant, qui est devenu Ennemi public. Gilles de Voghel est venu nous rejoindre à l’atelier, et quelques mois plus tard, Frédéric Castadot complétait l’équipe.

    On était belges francophones, c’était totalement nouveau, on n’avait pas de méthode du tout donc on a eu la chance d’avoir été appelé sur ce projet. Au début de l’écriture de cette première saison, on s’est vite rendu compte qu’il nous manquait des outils, que ceux qu’on avait eus lors du premier atelier étaient encore trop minces par rapport à l’ampleur du travail qu’on avait à accomplir. Des besoins beaucoup plus techniques ont émergé.

    Et c’est là qu’on a entendu parler de Cédric Salmon, en France, qui propose du script-doctoring et des ateliers sur les séries. Sans trop le connaître on a décidé d’aller le trouver, et de s’offrir uns séance de travail avec lui. On a beaucoup appris. On a découvert ce que c’est de structurer un épisode en actes. Ça nous a mis un coup de boost assez dingue pour structurer notre travail, et se lancer véritablement.

    Pour aller plus loin

    À suivre : le processus d’écriture et le travail en collectif…

    En attendant : découvrez ce quelles sont les influences de ces auteurs, en vidéo sur Bela !

    La série Ennemi public

    Assassin d’enfants libéré en conditionnelle, Guy Béranger est accueilli par les moines de l’abbaye de Vielsart, un tranquille petit village des Ardennes. Il est placé sous la protection d’une jeune inspectrice de la police fédérale, persuadée que l’ancien criminel récidivera. Alors que la population s’indigne de la présence de l’ennemi public #1, la police apprend la disparition inquiétante d’une fillette…

    Avec Ennemi public, les auteurs rouvrent avec audace un chapitre douloureux de notre histoire judiciaire en prenant le temps de poser les questions et d’observer tous les points de vue.

    Création : Antoine Bours, Fred Castadot, Gilles de Voghel, Matthieu Frances et Christopher Yates
    Production : Playtime Films, Entre Chien et Loup, RTBF et Proximus.
    10 x 52 minutes, 2016

  • avril

    Prix Scam 2016 Texte & Image : Thisou, pour Notre Père
    Le 13 avril 2017
    Des personnages juste esquissés qui n’en sont pas moins charismatiques et fascinants, une trajectoire d’émancipation, mais aussi un monde de formes, de couleurs et de sensations sont à découvrir dans (...)

    L’œuvre

    Notre père dévoile le quotidien d’une petite fille aux côtés de son père, fort, intimidant et travailleur, qui voue un culte à la Vierge Marie. L’enfant a regardé tout ce dont ses sens pouvaient se saisir, palliant ainsi la difficile expression au sein de sa famille. Échappant ainsi à son austère vie quotidienne, l’enfant a vu se révéler tout un monde de formes, de couleurs et de sensations, la promesse d’une vie plus pleine s’offrir.
    Dans ce petit ouvrage proche de la broderie l’autrice, qui dessine et compose ses textes directement sur du tissu, ravive avec une infinie délicatesse les souvenirs d’une enfance.

    Autrice : Thisou
    Éditions Frémok / collection Flore
    72 pages - 2016

    L’hommage du Comité

    « Notre Père est l’œuvre de Thisou , professeure d’illustration à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles et a paru en janvier de cette année dans la collection Flore des éditions FRMK (prononcer Frémok).

    Dans ce livre aux couleurs de l’enfance, qui dissimulent bien des terreurs, l’auteure - ou du moins la narratrice - témoigne de son imprégnation par l’image oppressante de son père que par une éducation strictement catholique, le titre de l’ouvrage – "Notre Père", suggérant d’ailleurs que ce livre peut se lire comme une prière collective.

    La jaquette de l’ouvrage, d’un beau bleu clair – celui du voile de la Vierge Marie ? – et la brassée de feuillets qu’elle renferme détaillent les tourments d’une enfance craintive et soumise, à l’appui d’une série de vignettes dérivées d’images saintes, et de textes fragmentaires qui semblent être autant de projets de confession que de suppliques adressées à soi-même.

    Le graphisme, traduisant une science de la broderie déjà caractéristique des ouvrages précédents de Thisou, remet également en question le concept d’album illustré, tout en reliant intimement support et sujet.

    Ainsi Thisou suggèrerait-elle que si la Vérité est souvent cousue de fil blanc, elle peut aussi, comme dans ce cas précis, être tissue de points de croix colorés… »

    Alain Dartevelle

    L’autrice

    Après des études aux Arts Décoratifs de Strasbourg, Thisou réalise un album avec Olivier Douzou aux Éditions de Rouergue et travaille en tant que designer textile, à Gand et à New York. En 2000, elle part pour un voyage de deux ans au Maroc où elle découvre la broderie traditionnelle.

    Dès son retour, elle termine son album Moi je sais qui aux (Éditions du Rouergue), pour lequel elle reçoit une bourse du Centre National du Livre de Paris. Elle enseigne aujourd’hui à l’École supérieure des Arts St-Luc à Bruxelles, poursuit son travail d’illustratrice et crée également des pièces brodées.

  • Prix Scam 2016 : mention spéciale à Thierry van Hasselt et au FRMK
    Le 6 avril 2017
    Les Prix de la Scam récompensent forcément des auteurs et leurs œuvres, mais comme toutes les règles, celle-ci est faite pour être - parfois - transgressée : c’est ainsi que les membres du Comité belge (...)

    L’hommage du Comité

    « L’unanimité du Comité littéraire de la Scam s’est immédiatement faite en faveur du Notre Père de Thisou Dartois dont les qualités évoquées par ailleurs lui valent de recevoir notre Prix Texte et Images.

    Toutefois, il nous a paru évident que la cohérence et l’originalité du projet éditorial global de FRMK, de même que le travail de son animateur, Thierry Van Hasselt, en faveur de la bande dessinée alternative, méritent amplement d’être mis en lumière.

    Aussi la Scam souligne-t-elle le vif intérêt suscité par certains titres au catalogue, dont Qui mange des couteaux de Zoé Jussseret, où le désarroi de la Mort est démontré en une façon de pantomime macabre particulièrement impressive, ainsi que l’album Les Jumeaux, où les images de Jung-Hyoun Lee expriment toutes les ambigüités du concept d’identité. Sans oublier non plus Vivre à Frandisco, récente publication de Thierry Van Hasselt lui-même, où ses dessins effectués d’après les montages de l’artiste trisomique Marcel Schmitz, font explorer les moindres dédales d’une ville factice.

    Ce ne sont d’ailleurs là que des choix subjectifs. Car à vrai dire, il conviendrait de citer tous les titres de la Maison FRMK, qui depuis sa création en 2002, n’a de cesse de repenser les interactions esthétiques et narratives du texte et de l’image. »

    Alain Dartevelle

    Le FRMK

    Né en 2002 de la réunion des maisons d’éditions Amok et Fréon, apparues au début des années 90, créées et animées par des auteurs et notamment Thierry Van Hasselt, le FRMK (prononcez Frémok) est une plate-forme de projets fondée autour des œuvres réalisées, réunies ou choisies, et publie des ouvrages de littératures graphiques qui vont de la bande dessinée à la poésie visuelle.

    Il regroupe des adhérents et des membres actifs, qu’ils soient lecteurs, artistes, acteurs du livre et des arts, personnes morales, particuliers, structures indépendantes ou institutions. Il exerce, revendique et défend les libertés de créer, de penser, d’exprimer et de circuler.

    Son champ d’action excède le domaine du livre : véritable carrefour créatif, le FRMK est fait figure de pont entre la figuration narrative et l’art contemporain, la peinture, les arts vivants ou encore la formation. Il intervient dans les écoles d’art, les universités, les bibliothèques, les lieux publics.

  • De la diffusion du Documentaire : Pauline David, du P’tit Ciné
    Le 5 avril 2017
    Une réflexion commune s’est engagée sur la diffusion du documentaire. Pour nourrir le débat, la Scam diffuse des paroles d’auteurs ou d’opérateurs. Après Jean-Jacques Andrien et Ronnie Ramirez, entretien (...)

    Le P’tit ciné - Regards sur les Docs est une structure d’accompagnement du cinéma documentaire en salle. Mon travail de programmatrice est de choisir des films d’auteur, qui ne sont pas ou peu montrés ici, et d’organiser leur rencontre avec des publics.
    L’asbl a été créée il y a 20 ans pour assurer la diffusion du documentaire sur grand écran par des gens qui pensaient qu’il y avait autant sa place qu’une fiction, à une époque où ce n’était pas si courant. Aujourd’hui le paysage de la diffusion a évolué, la question n’est plus de savoir s’il y a des docs sur nos écrans – il y en a – mais comment les mettre en valeur, donner aux spectateurs envie d’aller vers ce type de cinéma, et surtout comment amener des publics variés vers des films auxquels spontanément ils ne penseraient pas.

    Ça passe évidemment par le travail de promotion (informer de l’existence d’un film et de sa projection en salle), j’y reviendrai, mais cela passe surtout par tout un tas d’activités développées, et complémentaires entre elles, qui participent à éduquer notre regard à un cinéma qui a ses propres codes.

    La première, la plus évidente, et la plus essentielle aussi, c’est d’inviter les auteurs des films que je programme à accompagner leur projection, à partager un moment avec ceux qui auront choisi de venir les voir. Avec pour ambition de permettre la circulation de la parole et participer à la compréhension du film (des intentions du réalisateur et de ce qu’il nous dit sur nos sociétés). Dans cette perspective, notre association organise aussi depuis quelques années déjà des masterclasses, tables rondes, et maintenant des formations à destination des médiateurs (animateurs socioculturels, enseignants) autour du cinéma documentaire.

    Quel rapport avec le travail de diffusion ? Important, puisque ce sont ces activités qui permettent d’identifier la ligne éditoriale du P’tit Ciné, de lui donner une couleur sur laquelle s’appuyer pour assurer la promotion de nos programmations. Couleur d’autant plus importante, que Le P’tit Ciné est une structure volante : nous n’avons pas de salle, mais travaillons depuis le début avec plusieurs partenaires, avec qui nous montons les projets. Au cours des deux dernières années, par exemple, le cinéma Nova, BOZAR, la Cinémathèque royale, le cinéma Aventure, l’Espace Delvaux (partenaire historique du P’tit Ciné), Filmer à tout Prix etc….

    Il y a un public pour le cinéma documentaire (il y a même des publics). Le P’tit Ciné, en 2014, c’est 3 000 spectateurs et 70 spectateurs en moyenne par séance, ce qui au regard des chiffres totaux de fréquentation en salle en Belgique francophone est un très bon ratio. Ces spectateurs, nous allons les chercher un à un. Il n’y a pas de secret.

    Que voulez-vous dire, quand vous dites que les spectateurs existent mais qu’il faut aller les chercher un à un ?

    Demandez à 10 personnes différentes leurs attentes par rapport à un film documentaire, il y a aura 10 réponses différentes. Certains mettront en avant ses qualités informatives, d’autres qu’il puisse être objet de discussion, d’autres encore sa capacité à capter le réel et la force du langage cinématographique développé par son réalisateur pour le retranscrire à l’écran.

    Pour moi, et pour beaucoup d’entre nous, la qualité première d’un documentaire c’est une écriture attentive à faire dialoguer forme et fond, une écriture susceptible de mobiliser notre imaginaire et nous offrir des espaces de réflexion sur le monde qui nous entoure. Ça c’est mon intime conviction, qui sous-tend le choix des films que je programme.

    Mais quand je définis ma stratégie de diffusion, je vais inverser la proposition : non pas partir de la proposition de la réalisatrice / du réalisateur, mais de la façon dont elle est reçue, dont elle pourrait être reçue par différents publics. Mon approche est celle d’une spectatrice. Je suis convaincue que cette place est essentielle pour assurer une bonne médiation entre un film et ses publics (partir de ce que le film donne à celui qui le voit pour tisser des liens avec les spectateurs potentiels).

    Je suis très intéressée par toute la réflexion que vous menez en ce moment à la Scam sur la diffusion du cinéma documentaire, et en même temps, le fait que ce soit la Société des Auteurs qui se saisisse de ce sujet me questionne sur les « dangers » qui pèsent sur le métier de documentariste aujourd’hui. Bien sûr, penser la réalisation d’un film, c’est penser l’adresse au public, et je suis la première à me fâcher contre les films qui « demandent » aux spectateurs sans rien « donner ». Bien sûr il est important que l’auteur ait envie de partager son film une fois celui-ci réalisé, à travers, notamment, sa présence régulière aux projections.

    En Belgique, nous avons la chance d’avoir un vivier documentaire extraordinaire, qui a le potentiel de toucher des publics variés et qui doit être montré. Mais si vous devez également porter les problématiques de diffusion aujourd’hui, que vous reste-t-il comme temps pour penser le cinéma ? Pour faire des films ?

    Si faire un film est une boucle parfaite dans laquelle le cinéaste est l’homme orchestre de son projet, de l’idée initiale à la diffusion, n’est ce pas au détriment du temps qui devrait être donné au travail de création. D’autant que la force du cinéma du réel dépasse de loin les intentions pensées par l’auteur au départ. Le documentaire prend des libertés face à son créateur et les regards extérieurs posés sur le film peuvent révéler des aspects de son travail qui n’avaient pas forcément été identifiés au moment de son développement.

    Mais concrètement, pourquoi et comment allez-vous chercher les spectateurs un à un ?

    Je retournerais facilement la question : pourquoi aller voir un film documentaire ? Vous, par exemple, comment êtes vous arrivée au documentaire ? Est ce un genre qui vous a d’emblée parlé et qui vous a été d’emblée rendu accessible ? Pour moi pas, c’est un genre que j’ai appris à connaître, dont je me suis appropriée les codes petit à petit, et que l’on m’a aidé à découvrir.

    C’est Récits d’Ellis Island, de George Perec et Robert Bober, sur lequel je tombe lors d’une séance thématique sur l’immigration conseillée par un professeur, et dont la force poétique me saisit ; c’est la reprise dans un cinéma près de chez moi d’un film d’un cinéaste que je ne connais pas, mais dont j’ai déjà lu le nom dans les journaux : Le Joli Mai, de Chris Marker, et la joie immense d’une belle découverte. Des films qui me parlent et me nourrissent, et sur lesquels j’ai envie de discuter avec mon entourage. Au fur et à mesure, sur les conseils des uns et des autres, je découvre d’autres films, mon regard se forme et je vais vers des films peut être moins faciles d’accès au premier abord mais tout aussi riches.

    Je relate mon expérience car elle est la base de mon travail de diffuseur : être médiateur entre un film, son auteur et ceux qui le rencontreront c’est toujours se rappeler que ces spectateurs potentiels n’ont pas forcément les mêmes clefs d’accès que ceux qui l’ont réalisé. Cela ne les empêchera pas de l’apprécier, mais pour les y amener il faut partir de leurs attentes.

    Très basiquement une partie de mon travail consiste à m’assurer que le public ait l’information sur la séance organisée, qu’il s’y intéresse et qu’il vienne. À chaque projection, je m’amuse à regarder qui est dans la salle et je peux dire (dans les grandes lignes) quelle est la ficelle tirée pour faire venir tel ou tel spectateur.

    Au delà des publics dits « cinéphiles », qui seront touchés par des arguments liés aux qualités artistiques du film, nous faisons aussi un grand travail vers des publics qui ne se tourneraient pas forcément naturellement vers le documentaire de création. Si pour certains, aller voir un documentaire c’est alimenter une discussion sur le monde dans lequel nous vivons, pas de souci, j’irai les chercher en leur parlant des thématiques mises en avant par le film.

    Dans mon travail de promotion, je joue volontairement sur ce petit malentendu : je leur parle contenu ; ils se retrouvent face à un bon film. Et ça marche : je reçois régulièrement des retours de spectateurs satisfaits, et étonnés d’être satisfaits. Des spectateurs qui s’attendaient à voir un film qui leur explique ce qu’ils doivent comprendre, et qui d’un coup se retrouvent face à un objet cinéma, et qui se rendent compte que c’est tout à fait instructif également, mais autrement, par la puissance de ce que l’auteur nous donne à voir et à entendre, par ses choix de prise de vue et de mise en scène. Et ces spectateurs, surpris, peuvent en parler avec le réalisateur / la réalisatrice car il / elle est là, avec nous, après son film, pour échanger, pour partager.

    Parfois le public n’est pas au rendez-vous. Cela arrive aussi. Programmer des films documentaires, c’est accepter que malgré l’exigeant travail de promotion et la certitude que ces films transportent, font voyager, donnent du plaisir, nourrissent ceux qui les regardent… ils restent, à de rares exceptions près, moins visibles que les fictions dans les médias et sur nos écrans. Comme spectateurs, nous avons donc moins de possibilités de les découvrir, et par effet de ricochet, ils ont moins de spectateurs.

    Travailler à la diffusion en salle du cinéma documentaire c’est essayer de toucher des publics potentiellement intéressés par le film proposé, créer les conditions nécessaires à la réussite d’une soirée de projection, mais surtout être convaincu du plaisir que les spectateurs présents auront au contact d’un film et lors de la rencontre avec son auteur et se réjouir de cette transmission possible.

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