Accueil du site / Home_fr / Actualités / Vie de la Maison des Auteurs / Prix SACD découverte Spectacle Vivant 2016 : Adeline Rosenstein, pour décris-ravage

Son spectacle érudit et passionnant, drôle et édifiant, intelligent et d’une efficacité redoutable a conquis le Comité belge de la SACD qui a souhaité lui remettre un prix découverte - spectacle vivant : Adeline Rosenstein n’est certes pas une jeune première, mais son travail fait découvrir le théâtre documentaire et la question palestinienne d’une façon tout nouvelle. Retrouvez ici une présentation de son projet décris-ravage, ainsi que l’hommage écrit pour elle par Miguel Decleire.

L’œuvre : décris-ravage – spectacle documentaire consacré à la question de la Palestine depuis 1799

Avec cinq comédiens sans ornement et dépourvus d’artifice, décris-ravage donne à voir une traversée historique et sémantique de la question palestinienne, dans un détournement brillant de la conférence-spectacle. À la fois érudit, impertinent et ludique, le spectacle mêle savoir et fiction en un feuilleton passionnant couvrant la période historique de 1799 à 1908.

Souvent Adeline Rosenstein est derrière son pupitre, nous communiquant ce qu’elle a pu rassembler et comprendre, elle laisse aussi la scène à ses acteurs pour des saynètes, issues entre autres de pièces arabes ou de témoignages, qui reconstruisent autrement dans l’espace les questions qu’elle pose et se pose.

Textes écrits ou recueillis et mis en scène par : Adeline Rosenstein
Avec : Olindo Bolzan, Léa Drouet, Isabelle Nouzha, Céline Ohrel / Thibault Wenger, Adeline Rosenstein
Espace : Yvonne Harder
Lumières : Caspar Langhoff
Création sonore : Andrea Neumann
Regards scientifiques : Jean-Michel Chaumont, Henry Laurens, Julia Strutz, Tania Zittoun
Production : Leïla Di Gregorio

A voir : le teaser du spectacle.

L’hommage du Comité

« On dirait un croisement entre Zouc et Mary Poppins, entre Wonder Woman et Gertrude Stein, une Antigone qui se serait ravisée pour aller déterrer dans les bibliothèques les paroles des morts

elle prend tout à contre-pied, se permet une conférence qui bannit toute illustration, une pièce de théâtre à épisodes beaucoup trop longue, du documentaire en recomposition permanente, elle vise toujours à côté et elle fait mouche à chaque fois

elle et les membres du gang hétéroclite qui l’entoure, et qui rythment des paysages de gestes, reconstituent les débats exhumés, redessinent sur l’eau du plateau l’histoire d’une Palestine inconnue, Napoléon, les Ottomans, les Anglais et les Français, la Guerre des Six Jours

elle nous plonge dans l’effroi, mais c’est celui de notre ignorance son discours est toujours lui-même une mise en perspective du discours, y compris du sien

une pédagogue iconoclaste, au sens propre du terme, une bousilleuse d’images en place, qui par ses lapidations flasques redonne sa place à la parole et à la pensée

à en pleurer de rire

elle avance comme une funambule, une tronçonneuse dans chaque main

et aucun mur ne lui résiste

Adeline Rosenstein

et son projet décris-ravage »

Miguel Decleire

L’autrice

Depuis 2003, Adeline Rosenstein développe un travail de création documentaire. Basées essentiellement sur des entretiens et du matériau factuel produit par des universitaires, ses pièces traitent de sujets aussi divers que la main-d’œuvre masculine d’Europe de l’Est à Berlin, les exilés juifs allemands en Argentine pendant la dernière dictature ou l’histoire des discours d’experts sur la traite des femmes. Elle est également active dans le domaine associatif où elle réalise des ateliers radiophoniques avec des femmes en alphabétisation, et collabore avec d’autres artistes en tant que comédienne, dramaturge et traductrice.

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