Il faut que soit toujours, partout, pris le parti du plus faible. (Alain Touraine, sociologue, à Télérama le 09 novembre 2011)

D’année en année, il nous revient de vous informer sur le sens de nos actions et sur les effets de nos décisions. Car bien sûr, au fil des mois qui séparent une assemblée de la précédente, il s’agit pour le Comité belge et la Délégation générale pour la Belgique de faire des choix que nos auteurs pourront ratifier et que nos partenaires pourront comprendre et respecter.

En ces temps de la « numérisation », de la circulation instantanée des œuvres dans les réseaux mondiaux et de l’hyperconsommation individuelle, les questions sont très nombreuses pour une société d’auteurs soucieuse de défendre les droits de tous et de chacun de ses membres, et plus que jamais déterminée à promouvoir la diversité prodigieuse de ses répertoires.

André Dartevelle nous invitait ainsi récemment à nous émerveiller des richesses du patrimoine télévisuel et radiophonique belge francophone en passe d’être sauvé par la SONUMA. Évoquant son récent travail de bénédictin cartographe-médiathécaire, entouré d’un « pool » d’auteurs anciens et actuels de la RTBF, il incarnait tout simplement cette idée qui fait son chemin : les auteurs ne peuvent être écartés de la responsabilité de la sauvegarde et du renouvellement du patrimoine commun. Ils ne peuvent pas plus s’en détourner.

Les auteurs, et leurs sociétés d’auteurs véritables, doivent donc (s’)interroger sur les stratégies à construire et sur les partenariats à nouer pour faire exister des espaces de création libres, durables et exigeants, en perpétuel questionnement.

Ce faisant, les créateurs d’aujourd’hui mettent en action des droits bicentenaires aussi essentiels que la liberté d’expression et de création, le respect de l’intégrité des œuvres ou encore le droit à une rémunération décente, proportionnelle aux revenus complets de l’exploitation. 24 sociétés d’auteurs audiovisuels, regroupées au sein de la SAA, dont Hervé Rony (directeur général de la SCAM) assure la vice-présidence, viennent de le rappeler aux autorités européennes en publiant un livre blanc qui fera date.

Et, dans ce travail, la plus grande attention doit être portée aux situations les plus fragiles, aux auteurs les plus menacés. Car comme le souligne Alain Touraine, « si vous reconnaissez les droits du plus faible, vous reconnaissez les droits de tous ».

Comment mieux situer les enjeux profonds du travail de la SCAM pour les prochaines années !

Alok b. Nandi, président du Comité belge de la SCAM
Frédéric Young, délégué général de la SCAM pour la Belgique

Avril 2011

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