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Les Prix Scam France 2015 ont été décernés. Pierre-Yves Vandeweerd reçoit le Prix de l’oeuvre de l’année pour "Les Tourmentes" et Olivier Magis une mention dans la catégorie découverte pour son premier documentaire "Ion".

Les Tourmentes

Le dernier film du cinéaste Pierre-Yves Vandeweerd, Les Tourmentes, a été tourné sur les Monts Lozère en France.

« La tourmente, c’est une tempête de neige qui désoriente et égare. C’est aussi le nom donné au siècle dernier à une mélancolie provoquée par la dureté et la longueur des hivers. Là où souffle la tourmente, des hommes érigèrent des clochers pour rappeler les égarés. Et des bergers, au gré de leurs transhumances, usèrent de leurs troupeaux pour invoquer des âmes perdues ou oubliées.Guidé par les sonnailles d’un troupeau et par les évocations des égarés, ce film est une traversée des tourmentes ; celles des montagnes et de l’hiver, des corps et des âmes, celles qui nous révèlent que ce que la nature ne peut obtenir de notre raison, elle l’obtient de notre folie. »

Les Tourmentes est une odyssée poétique et inspirée sur la folie. Deux récits parallèles entrent en résonance : celui d’un berger qui accomplit les rites consacrés aux égarés (invocation, sépulture, sacrifice…) selon les recommandations en occitan que lui adresse une voix chuchotée, et celui des patients de l’asile psychiatrique de Saint-Alban, un village situé à proximité, qui énumèrent les noms de quelques-uns de leurs trois mille prédécesseurs enterrés là, dans l’enclos des fous…

Ion

Ion, le premier documentaire d’Olivier Magis, réalisateur et enseignant à Bruxelles, raconte une histoire singulière, digne d’un film d’espionnage. Une histoire qui à elle seule évoque l’exil, la dictature, le handicap, la littérature… Finalement, lister l’humanité de ce film par thèmes semble réducteur, tant le personnage qui le porte est inclassable.

Un non-voyant fuyant la dictature roumaine, recruté par la police belge comme agent d’écoute. « Je m’appelle Ion. Qui aurait pu imaginer le destin qui m’attendait : naître sous la dictature, devenir handicapé de la vue par accident, fuir en urgence mon pays pour avoir un peu trop rêvé ? Une chose est certaine, le destin, c’est comme chaque criminel que j’écoute aujourd’hui pour la policejudiciaire belge : avec un peu de volonté, il y a toujours moyen d’éviter ses mauvais coups. Celle qui m’a appris cela est une amie proche, fidèle. Cette amie, c’est la littérature. Sans elle, je ne serais probablement pas ce que je suis, ici, parmi vous. »

Dans ce film-portrait, Olivier Magis fait entendre la voix de son personnage et traduit en image ce que ce poignant récit lui inspire, à travers une écriture subjective et poétique.

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